PRESENTATION
14 255 victoires pour 343 défaites, ça c'est un palmarès. Un vrai. Russell Ellington, le coach des Harlem, qui doit s'ennuyer ferme depuis Il ans qu'il reste impassible tous les soirs sur le banc de touche, en rigole. Il se rappelle de la dernière défaite du Harlem Circus. Incompréhensible, celle-là. "C'était en 71. Les gars d'en face collaient un peu trop au score. Je ne sais pas ce qui s'est passé. ils menaient d'un point, et nous on devait assurer tranquillement la victoire comme tous les soirs. Et on a perdu la balle..."
Plus besoin de vous faire un dessin. Si les Harlem Globe Trotters ne perdent plus un match depuis plus de 30 ans, c'est que c'est écrit dans le contrat. Les Harlem sont in-vin-cibles.
Sur une pellicule en noir et blanc datant du début des années soixante, On y voyait, au Palais des Sports, Hubert Ausbie négocier un exercice de dribbles renversant devant un adversaire médusé. Plus tard, l'image était passée en couleur, les maillots semblaient mieux taillés, le panneau n'était plus en bois. Mais la balle rebondissait de la même façon. Dribbleur et défenseur négociaient la même course. Au frétillement d'orteil près. Ce n'était plus Hubert Ausbie, mais un inconnu du nom de Tyrone Brown. Nous étions en 86, à Bercy. "On remplit toujours les salles aux Etats-Unis. Notre public, ce sont les enfants. Ils adorent ça ". Russel Ellington ne joue pas les hypocrites. "Il y a quelques anciens bons joueurs N.C.A.A. dans mon équipe" se contentera-t-il de dire en évoquant le véritable niveau basket de ses boys, tranchant avec le grotesque dossier de presse (qui n'a sans doute pas changé d'une ligne depuis 30 ans lui aussi), qui accompagne les Harlem en tournée. "Le meilleur arrière, le meilleur ailier, le meilleur pivot sont aux Harlem" disait en substance ce dossier. Mouais. Dedrick Reffigee, le centre numéro 1 de la planète, vous n'en avez jamais entendu parler ? La honte. Il était le pivot d'un College bien connu, le Northwood Institute. Si, si, ça existe, c'est dans le Michigan. Tenez, il a même apporté son talent à la C.B.A. Aux Lehigh Valley Jets, puis aux Wisconsin Flyers, de 80 à 84. Moyenne 2,6 pts et 2,5 rhds par match. Une terreur. On ne va pas insister sur les autres, ce serait un peu trop facile. Mais sachez que parmi les joueurs de la tournée 86, un seul d'entre-eux possède le niveau d'un de nos Américains de N1. Clyde Austin, un ancien de North Carolina State.
Les Harlem Globe Trotters version après guerre bons à jeter au panier ? En termes basket, certainement. On n'ose pas imaginer la déculottée que se prendraient ces gars au maillot étoilé face à une équipe de la N.B.A. ...
Mais voilà belle lurette que les Magic Harlem ne jouent plus au basket. depuis la fin des années cinquante...
Une ligne de démarcation raciale, bien nette, partageait la société américaine jusqu'à la seconde guerre mondiale. En sport, c'était quasi-caricatural. Les blancs d'un côté, les noirs de l'autre. Il fallut attendre fin 49 et Nat Sweetwater Clifton, pour voir un noir fouler pour la première fois le plancher d'une arène de la N.B.A. Sweetwater créa même l'événement en rachetant son contrat aux Harlem Globe Trotters, pour porter le maillot des New York Knicks. Jusque là, interdits de basket pro, les noirs évoluaient dans des équipes free lance (indépendantes). Ainsi, les New York Rens (ou Renaissances), préfiguration des Harlem Globe Trotters, une équipe toute noire de Harlem, au c½ur de New York, existaient depuis 1922. Les meilleurs blacks de New York City donnaient la leçon à qui osait les défier. En 22 ans d'existence, ils totalisèrent 2318 victoires pour 381 défaites, en affrontant parfois jusqu'à deux ou trois adversaires dans la même journée. Considérée comme l'équipe noire numéro 1 de 1932 à 1936, ils ne leur restait plus qu'à affronter et battre une grosse formation de la N.B.A.
C'est ce qu'ils firent en 1935, en venant à bout de l'équipe blanche la plus forte de l'époque, les Original Celtics. Quatre ans plus tard, ils remportèrent même le tournoi mondial pro en battant les Harlem Globe Trotters. Dissous en 48, les Rens laissèrent ainsi libre champ à nos Harlem.
Nés en 1927 de l'imagination d'un jeune promoteur de Chicago, Abe Saperstein, les H.G.T. partirent évangéliser le monde inculte. Plutôt que de pratiquer le basket de compétition, Saperstein se dit qu'il y avait plus de dollars à gagner en mettant sur pied un spectacle, où le bon noir jouerait le rôle que préfère le bon blanc (le spectateur), celui du singe. Le Harlem Circus fit un tabac. Saperstein, mort en 66, les Harlems lui ont survécu. La troupe tourne toujours.
Pour pouvoir s'exporter, les hommes de Saperstein durent d'abord prouver, balle en mains, qu'ils composaient la meilleure équipe de basket du moment. Entre les années 40 et 50, les Harlems mettent tous leurs adversaire au pas ou presque. On ne parle pas de leur alter ego (aujourd'hui dénommés les Washington Generals), mais bien des meilleures équipes pros du moment, qu'elles soient blanches ou noires. Pour se faire, Saperstein recrute les meilleurs joueurs noirs du pays. Les Harlems terrassent leurs adversaires en faisant les pitres.
Après la seconde guerre mondiale les Harlems Globe Trotters deviennent réellement des globes trotters en voyageant à travers le monde entier. Avec des joueurs comme Geese Ausbie, Goose Tatum, Marques Haynes, Curly Neal et Meadowlark Lemon, ils sont devenus les ambassadeurs d'un jeu qui se rapproche plus du show. L'équipe a joué plus de 20.000 matchs dans plus de 100 pays dans le monde.
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QUELQUES DATES
1934 : Les Harlems jouent leur 1000° match. Ils terminent la saison sur le record suivant 152-2
1939 : Ils jouent le premier tournois professionnel et sont battus par les New York Rens. C'est le début des "singeries" des Harlems. Inman Jackson initie les harlens à ces singeries.
1940 : Les Harlems jouent leur 2000° match. Ils terminent la saison sur le record suivant 159-8. Les Harlems jouent encore le tournois professionnel, battent en demi finale les New York Rens puis en finale les Chicago Bruins de George Halas.
1942 : L'un des plus grand joueur des Harlems signe : Reece "Goose" Tatum
1946 : Ils célèbrent leur 20° saison et leur 3000° match. Le 20 février, l'équipe constituée de Ermer Robinson, Ducky Moore, Sam Wheeler, Goose Tatum, Marques Haynes, Babe Pressley, Ted Strong, Vertes Ziegler, et Wilbert King battent George Mikan, Jim Pollard et les Champions en titre, les Minneapolis Lakers.
1951 : Ils célèbrent leur 50° saison et leur 4000° match. Le 25 avril, ils partent pour l'Amérique du Sud puis le 21 août ils jouent devant 75000 personnes à l'Olympic Stadium de Berlin.
1961 : Hubert "Geese" Ausbie rejoint les Harlems
1974 : Le 6 décembre, ils jouent leur 12000° match.
1977 : Ils célèbrent leur 50° saison.
1978 : Premières rencontres en Afrique à Dakar (Sénégal), Abidjan (Cote d'Ivoire) et Libreville (Gabon). Le nombre de pays visités est de 97.
1982 : Ce sont les premiers sportifs honorés à Hollywood sur le fameu "Walk of Fame".
1985 : Première femme a jouer pour les Harlems : Lynette Woodard (médaillé d'or olympique).
1998 : Le 12 janvier, ils jouent leur 20000° match.
2000 : Wilt Chamberlain devient le premier Harlem a avoir son numéro retiré.
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NUMEROS RETIRES
13 = CHAMBERLAIN
20 = HAYNES
36 = LEMON
50 = TATUM
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